Les nouvelles enclosures urbaines #1

20161228_083631

http://lemonde.fr/societe/article/2016/12/23/en-ile-de-france-des-grilles-pour-empecher-les-migrants-de-s-installer_5053191_3224.html

Cet article met très bien en évidence la menace qui pèse actuellement sur l’espace public, dans le Nord Est Parisien, où mobiliers et installations diverses sont mis en œuvre pour lutter contre l’installation des migrants.
Contrairement à ce qui est évoqué en fin d’article, Vergers Urbains, déjà très présent sur l’esplanade Nathalie Sarraute a en effet été sollicité, mais n’a jamais donné son accord pour que son mobilier soit intégré dans l’installation des Petites Gouttes.
L’association a aussi été sollicitée pour « occuper l’espace » sur l’avenue de Flandres et réaliser une ferme urbaine!. Ce sont au final des terrains de sport qui occupent cet espace (derrière les grilles). Ce n’est pas la vocation de Vergers Urbains de mettre en place des dispositifs d’exclusion ou « contre-usage », mais au contraire de mixer les usages, créer des liens et lutter contre ces nouvelles enclosures urbaines en développant des espaces ouverts.
Plus généralement, ce n’est pas la vocation de l’agriculture urbaine de développer une logique d’exclusion au service de la gentrification des quartiers contrairement à ce que peut laisser entendre l’article.
C’est l’occasion de rappeler la menace qui pèse sur la placette « Toit&Joie » (http://vergersurbains.org/appel-a-projet-reinventons-la-placette/) où l’association est prise en porte-à-faux entre une volonté (des riverains et du bailleur propriétaire) de fermer l’espace (c’est à dire résidentialiser), et une volonté de laisser cet espace ouvert et partagé. Ce sont les modes de gestion des communs urbains qui sont ici en jeu.

https://villepermaculturelle.wordpress.com/2016/08/08/paris-mis-a-lepreuve-de-lhospitalite/

Les mobiliers réalisés par Vergers Urbains intègrent autant que possible des bancs, pour que l’humain y trouve autant sa place que le végétal et développer une fonction d’accueil et rencontre, à contre courant de la logique actuelle de suppression de tout ce qui peut servir d’assise. Après la suppression des bancs, ou la pose de galets anti-sdf sur ce qui aurait pu servir d’assise, on arrive dorénavant tout simplement vers la suppression de l’espace public (pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple).

https://villepermaculturelle.wordpress.com/2016/04/23/vers-une-ville-asseyable/

http://vergersurbains.org/pour-vergers-urbains-toutes-les-occasions-sont-bonnes-pour-installer-des-bancs/

Appel à Projet – Réinventons la placette

20161111_083217_1
La placette, pour l’instant sans nom, formée à l’angle des rues Philippe de Girard et Pajol, aménagée par Vergers Urbains avec le concours de Toits Vivants, Extramuros et l’ADCLJC il y a bientôt 4 années est fortement menacée de « résidentialisation ».
Elle est en effet victime de son succès et connait une affluence sans précédent, avec d’innombrables visiteurs qui en font un point de ralliement très couru de part le monde, notamment l’afrique de l’Est. Cette affluence n’est pas du goût de tous et la proposition du bailleur (propriétaire de cet espace) est celle à laquelle nous avions pu échappé il y a 4 an (en proposant d’installer plutôt un jardin pour gérer autrement ce bout d’espace commun). La « résidentialisation » est le terme employé pour décrire ces nouvelles enclosures urbaines, qui constituent un pis aller assez simple, marquant en général résignation, exclusion et conversion au tout sécuritaire pour renforcer le sentiment de chacun chez soi.
Nous profitons donc de cette menace pour refaire une proposition alternative, une version 2 de ce micro – jardin de placette. et lançons l’appel à idée Réinventons la placette. Le lauréat verra ses idées réalisées (si elles sont acceptées par le bailleur et les riverains) et offrir reconnaissance et remerciements de la part du quartier, ainsi qu’un droit d’usage et d’accès privilégié à ce futur eden (voyez ça presque comme un AAP Parisculteurs (- de quartier-), qui a énormément inspiré cet appel à idée;).
Nos attentes : Extension de la partie en terre, jardinières plus pérennes sur l’ensemble de ses abords, structures verticales pour supporter les plantations et délimiter l’espace, composteur de quartier, végétalisation de la façade, ou tout autre délire artistico-végétal suffisamment robuste pour résister aux aléas de la vie tumultueuse du lieu tout en faisant participer les usagers à sa réalisation, tout en pérennisant ouverture sur le quartier. Dès les projets reçus, soit dans moins d’1 mois, un atelier de co-conception pour synthétiser les innombrables idées que nous allons recevoir sera organisé.